Posez la question à n'importe quel investisseur particulier : « depuis que tu as commencé, tu as gagné combien, en euros ? » La plupart ne savent pas. Ils savent que leur application affiche +12 % quelque part, que le portefeuille a monté « globalement », que telle ligne est en vert. Mais le chiffre simple, celui qui résume tout, combien d'argent est entré et combien il vaut aujourd'hui, presque personne ne l'a.
Ce n'est pas un hasard. C'est un chiffre que peu d'outils ont intérêt à vous montrer.
Pourquoi vous ne connaissez pas votre vraie performance
Quatre raisons, qui s'additionnent :
Les versements se mélangent à la performance. Votre portefeuille est passé de 10 000 € à 15 000 € cette année ? Si vous avez versé 4 000 € entre-temps, votre gain réel est de 1 000 €, pas de 5 000 €. Les courbes de valorisation que montrent la plupart des applications confondent allègrement les deux.
Un portefeuille passé de 10 000 à 15 000 sur l'année, avec 4 000 versés entre-temps. La courbe de valorisation monte de 5 000 ; le gain, lui, est de 1 000. Tout l'enjeu du suivi est de séparer ces deux barres.
Les frais disparaissent du paysage. Frais de courtage, spreads, frais de change, frais d'entrée : ils sont prélevés au moment de l'achat puis oubliés. La performance affichée part du prix d'exécution, jamais de ce qui est réellement sorti de votre poche.
Les positions fermées s'évaporent. Vous avez vendu cette ligne en moins-value il y a deux ans ? Elle n'apparaît plus nulle part. Le portefeuille affiché n'a plus que les survivants, ce qui enjolive mécaniquement le tableau.
Les comptes sont éparpillés. Un PEA ici, une assurance vie là, un CTO chez un courtier étranger. Chacun affiche sa propre performance, calculée à sa manière, sur sa propre période. Personne ne fait la somme.
La seule base saine : le montant investi, par ligne
Tout part d'une donnée que vous seul connaissez : combien vous avez réellement versé, frais inclus, et quand. Pas le prix de revient théorique affiché par le courtier, pas le cours du jour de l'achat : ce qui a quitté votre compte en banque.
Une fois ce montant posé pour chaque ligne, la plus-value latente devient une soustraction : valeur d'aujourd'hui moins montant investi. C'est simple, parfois brutal, toujours honnête. Une ligne qui affiche +8 % depuis janvier mais qui vaut moins que ce que vous y avez mis reste une ligne perdante, quoi qu'en dise la couleur verte de l'application.
Le vrai test : le coût d'opportunité
Savoir que vous avez gagné 2 000 € ne dit pas encore si c'était une bonne opération. Gagné par rapport à quoi ? Il faut deux points de comparaison, et ils sont plus parlants ensemble que séparément.
Le Livret A, le plancher. C'est ce que le même argent aurait rapporté sans aucun risque, sans aucune décision, sans jamais ouvrir une application. Si après trois ans de trading actif vous êtes derrière le Livret A, le verdict est sans appel : toute cette énergie a détruit de la valeur par rapport à ne rien faire.
Le MSCI World, le baromètre. C'est ce que le même argent aurait donné dans un simple ETF monde, versé aux mêmes dates. Pas un fantasme de market timing parfait : les mêmes montants, les mêmes jours, dans l'indice. Si votre sélection de titres fait durablement moins bien que ce scénario passif, la conclusion utile n'est pas « je suis nul », c'est « je peux gagner plus en en faisant moins ».
Les trois pièges de la comparaison
D'abord, l'indice n'a pas de frais. Votre montant investi inclut vos frais d'entrée, le calcul de l'indice non. Un écart de quelques dixièmes de pourcent juste après un achat ne mesure donc pas votre talent : il mesure votre courtier.
Ensuite, les dates approximatives faussent tout. Comparer un achat de mars avec un indice acheté en janvier n'a pas de sens. La comparaison n'est honnête que si chaque versement est daté correctement.
Enfin, le court terme est du bruit. À l'échelle de quelques semaines, être devant ou derrière l'indice ne signifie rien. C'est sur des années que la comparaison devient une information.
Où IgniFI intervient
IgniFI fait exactement ce calcul, sans tricher. Vous renseignez le montant investi et la date d'achat de chaque position, et le tableau de bord affiche votre plus ou moins-value réelle en euros, puis la compare à ce que les mêmes sommes, versées aux mêmes dates, vaudraient aujourd'hui en MSCI World (sur les rendements réels de l'indice) ou sur un Livret A (aux taux officiels de chaque période).
Le résultat est parfois flatteur, parfois vexant. Dans les deux cas, c'est la seule version des faits qui permette de décider quoi faire ensuite.