Vous avez acheté la même action à trois moments différents, à trois prix différents. Vous en revendez une partie. Question simple : quelles actions venez-vous de vendre ?
Beaucoup d'investisseurs répondent « les plus anciennes », par analogie avec un stock qu'on écoule. D'autres imaginent pouvoir désigner les plus chères, pour réduire la plus-value imposable. En France, ni l'un ni l'autre. Vous ne choisissez pas, et le fisc non plus : il applique une moyenne.
La règle, en une phrase
Pour les valeurs mobilières, l'article 150-0 D, 3 du Code général des impôts impose le prix moyen pondéré d'acquisition. Toutes vos acquisitions d'un même titre sont fondues en un seul prix unitaire moyen, et c'est ce prix-là qui sert de base à chaque vente, quelle que soit la ligne d'origine.
Autrement dit : il n'existe pas de « premier entré, premier sorti » en fiscalité française des titres, pas plus que de désignation à la carte. La notion même de « quels titres j'ai vendus » n'a pas de sens ici. Il n'y a qu'un stock, à un prix moyen.
1Additionner les montants
Le total réellement décaissé pour toutes vos acquisitions du titre, frais d'achat inclus.
2Additionner les quantités
Le nombre total de titres détenus, toutes acquisitions confondues.
3Diviser
Montant total divisé par quantité totale : c'est le prix moyen pondéré unitaire.
Appliquer à la vente
Plus-value = prix de cession moins (prix moyen pondéré × quantité vendue).
Les frais d'acquisition (courtage, change) entrent dans le prix de revient. Les frais de vente, eux, se déduisent du prix de cession. Les oublier gonfle la plus-value déclarée.
L'exemple qui rend la différence visible
Prenons une ligne construite en deux temps :
- 10 titres achetés à 50 €, soit 500 €
- 10 titres achetés à 150 €, soit 1 500 €
Vous détenez 20 titres pour 2 000 € décaissés. Le prix moyen pondéré est donc de 100 € par titre.
Vous en revendez 10 à 200 €, soit 2 000 € encaissés. Voici la plus-value imposable selon la méthode qu'on aurait pu imaginer, et selon celle qui s'applique réellement.
Vente de 10 titres à 200 € après deux achats de 10 titres à 50 € puis 150 €. Seule la colonne du milieu existe en droit français pour les valeurs mobilières. Les deux autres sont là pour montrer l'écart, pas comme une option. Impôt calculé au PFU de 30 %, hors abattements et hors cas particuliers.
L'écart entre les deux extrêmes est de 300 € d'impôt sur une seule opération de 2 000 €. Sur un portefeuille alimenté tous les mois pendant dix ans, l'erreur de méthode ne se compte plus en centaines d'euros.
Les trois conséquences pratiques
Un achat au plus haut ne vous « pénalise » pas isolément. Il remonte le prix moyen de toute la ligne, donc il réduit la plus-value de toutes vos ventes futures sur ce titre. La ligne rouge que vous regardez avec agacement dans votre application travaille pour vous au moment de la déclaration.
Vendre « la partie en moins-value » n'existe pas. C'est une manœuvre courante ailleurs, elle est sans objet ici. Sur un même titre, chaque vente porte le même prix de revient moyen, à la centime près.
Le prix moyen se recalcule à chaque achat, jamais à chaque vente. Une vente réduit la quantité et laisse le prix moyen inchangé. C'est contre-intuitif, et c'est l'erreur la plus fréquente quand on tient son suivi à la main dans un tableur.
Le cas des cryptos, qui obéit à une autre logique
Pour les actifs numériques, la règle n'est pas le prix moyen par ligne mais une formule à l'échelle du portefeuille entier, à l'article 150 VH bis du même code. La plus-value d'une cession se calcule en retranchant du prix de cession la fraction du prix total d'acquisition proportionnelle à ce que la vente représente dans la valeur globale du portefeuille au moment de l'opération.
Concrètement, cela veut dire que vendre du bitcoin fait intervenir la valeur de votre ethereum le même jour. C'est une mécanique entièrement différente de celle des titres, et c'est la raison pour laquelle un suivi crypto ne peut pas se faire dans le même tableau qu'un suivi actions.
Où IgniFI intervient
IgniFI tient le prix moyen pondéré de chaque ligne à jour à mesure que vous saisissez vos mouvements, frais d'acquisition compris, et le recalcule à chaque achat sans que vous ayez à y penser. C'est aussi ce prix moyen qui alimente la plus-value latente affichée sur chaque position.
Rien de tout cela ne remplace votre déclaration ni votre conseil fiscal : les cas particuliers existent, et ils sont nombreux. Mais le jour où il faut remplir un formulaire, avoir le bon prix de revient sous les yeux plutôt que de le reconstituer de mémoire change la nature de l'exercice.