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« Combien puis-je encore dépenser ce mois-ci ? » La méthode du reste à dépenser par jour

Des objectifs par catégorie, un mois en cours qui n'est pas un mois complet, des dépenses irrégulières mises à part : comment calculer ce qu'il reste à dépenser par jour, avec un mois entier chiffré, un tableau et un graphique.

·8 min de lecture
⚠ Avertissement : Les articles publiés sur IgniFI sont fournis à titre purement informatif et éducatif. Ils ne constituent pas un conseil en investissement, une recommandation financière, ni une incitation à acheter ou vendre des actifs financiers ou des instruments financiers. Tout investissement comporte des risques, y compris la perte partielle ou totale du capital investi. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Consultez un conseiller financier agréé (CIF) avant toute décision d'investissement. Lorsqu'un article cite un instrument financier nommément, c'est à titre d'illustration de caractéristiques vérifiables (indice suivi, mode de réplication, frais courants), jamais comme une sélection ni une incitation à l'acheter. IgniFI ne détient aucune position sur les instruments cités, ne perçoit aucune rémunération d'un émetteur, d'un courtier ou d'un distributeur, et n'a aucun partenaire rémunéré pour être mis en avant. Aucun de ces articles n'est adapté à une situation particulière : ils sont publiés à l'identique pour tous les lecteurs.

Un budget répond d'habitude à la question d'après : où est passé l'argent le mois dernier. C'est utile, mais la question qu'on se pose le 14 au soir devant un panier en ligne est une autre : combien puis-je encore dépenser d'ici la fin du mois sans dépasser ?

La réponse tient en une division. Ce qu'il reste des objectifs du mois, divisé par le nombre de jours qui restent. Le calcul est simple ; ce sont les trois pièges autour qui le rendent faux.

Le calcul de base

Prenons un mois de 31 jours, au matin du 14. Il reste 31 − 14 + 1 = 18 jours, aujourd'hui compris : la journée qui commence peut encore coûter quelque chose.

Les objectifs du mois ont été fixés catégorie par catégorie, pour une personne seule qui paie un loyer. Voici où en sont les comptes à la fin du 13.

CatégorieNatureObjectif du moisDépensé du 1er au 13Reste
Loyer et chargesfixe850 €850 €0 €
Abonnements (box, mobile, streaming)fixe60 €45 €15 €
Assurances mensuellesfixe40 €40 €0 €
Coursesvariable380 €205 €175 €
Restaurants et sortiesvariable150 €95 €55 €
Carburant et transportsvariable120 €70 €50 €
Loisirs et achatsvariable120 €85 €35 €
Total1 720 €1 390 €330 €

Exemple construit pour l'article. Les dépenses irrégulières, traitées plus bas, n'y figurent pas.

Il reste 330 euros pour 18 jours : 330 / 18 = 18,33 euros par jour. C'est le chiffre brut. Il est juste, mais il ne dit pas encore tout.

Premier piège : le mois en cours n'est pas un mois complet

Au 14, 1 390 euros sur 1 720 sont partis, soit 81 % du budget, alors que seuls 42 % du mois sont écoulés (13 jours sur 31). Présenté ainsi, c'est alarmant. Comparé au mois précédent complet, ce serait l'inverse : 1 390 euros contre, disons, 1 700 le mois dernier, on se croirait large.

Les deux lectures sont fausses pour la même raison. Les charges fixes tombent en début de mois : le loyer le 3, les assurances le 5, la plupart des abonnements avant le 10. Elles font 935 euros sur les 1 390 dépensés. Les mettre dans la même proportion que les courses revient à comparer un mois à moitié fait à un mois entier.

La bonne lecture sépare les deux. Les charges fixes sont réglées ou attendues à date connue : il reste ici 15 euros d'abonnement, prélevés le 20. Les dépenses variables, elles, se mesurent au rythme. Leur objectif total est de 770 euros, soit 770 / 31 = 24,84 euros par jour en moyenne. Au 13, un rythme régulier aurait coûté 323 euros. Il en a été dépensé 455.

Dépenses variables du mois, cumulées jour après jour

Exemple construit pour l'article : 770 € d'objectifs variables sur un mois de 31 jours. Au soir du 13, 455 € sont dépensés, 132 € de plus qu'un rythme régulier. Pour finir le mois dans l'objectif, il reste 315 € pour 18 jours, soit 17,50 € par jour au lieu de 24,84 €. Calcul IgniFI.

Le chiffre utile n'est donc pas 18,33 euros mais 17,50 euros par jour pour les dépenses variables : 770 − 455 = 315 euros, divisés par 18 jours. Et surtout, la comparaison avec les 24,84 euros du début de mois dit ce qui s'est passé : le mois a pris de l'avance, et les dix-huit jours qui restent devront coûter 30 % de moins par jour que prévu.

Un chiffre par jour reste une moyenne. Personne ne dépense 17,50 euros chaque jour ; on fait les courses le samedi et on ne dépense rien le mardi. Multiplié par sept, il donne une enveloppe plus parlante : 122,50 euros par semaine pour tout ce qui est variable.

Deuxième piège : des objectifs tirés de souhaits

Un reste à dépenser n'a de sens que si l'objectif de départ est tenable. Les budgets écrits un dimanche soir partent souvent de ce qu'on aimerait dépenser, pas de ce qu'on dépense. Au premier mois, le chiffre passe dans le rouge le 10, et on cesse de le regarder.

La méthode qui tient part de l'historique : la moyenne de chaque catégorie sur les trois derniers mois complets, arrondie vers le haut, puis réduite là où l'on veut vraiment agir. Une ou deux catégories à la fois. Notre avis, sans étude pour le prouver : un objectif de courses fixé 30 % sous la moyenne des trois derniers mois tient rarement plus de quelques semaines ; 10 % sous, c'est un effort qui se voit sans tout casser.

Troisième piège : les dépenses irrégulières

L'assurance de la voiture tombe une fois par an, les cadeaux en décembre, la révision au printemps. Si elles entrent dans le budget du mois où elles tombent, ce mois-là paraît catastrophique et les autres paraissent faciles. Dans l'exemple, une échéance d'assurance auto de 420 euros arrivée le 14 ferait passer le reste à dépenser de 330 euros à un dépassement de 90 euros. Ce serait une fausse alerte si l'argent avait été mis de côté, et une vraie s'il ne l'a pas été.

La parade est ancienne : lisser. On fait la liste de ce qui revient chaque année, on divise par douze, et l'on met cette somme de côté chaque mois, sur un livret à part, le jour de la paie.

Dépense irrégulièreMontant annuelMis de côté par mois
Assurance auto, échéance en octobre420 €35 €
Entretien et révision de la voiture360 €30 €
Cadeaux et fêtes de fin d'année480 €40 €
Équipement de la maison300 €25 €
Santé non remboursée (lunettes, dentiste)240 €20 €
Total1 800 €150 €

Exemple construit pour l'article.

Ces dépenses restent hors du reste à dépenser par jour : elles n'ont pas d'objectif mensuel, elles ont une réserve. Le jour où la facture arrive, on la compare au solde du livret, pas au budget de la semaine. Le revenu de cette personne doit alors couvrir 1 720 euros de dépenses courantes, 150 euros de réserve et son épargne de long terme. Si ces trois lignes ne tiennent pas ensemble, c'est l'objectif qu'il faut revoir, pas la division.

Ce que le chiffre ne fait pas

Le reste à dépenser par jour est un instrument de pilotage, pas un jugement. Il ne dit pas si 380 euros de courses sont trop ou pas assez pour vous ; il dit seulement si le mois suit la trajectoire que vous avez choisie. Et il ne remplace pas la vue d'ensemble : un mois tenu à l'euro près ne fait pas un budget sain si l'objectif total laisse zéro euro d'épargne.

Le lien avec le long terme est direct, pourtant. Dans l'exemple, les 132 euros d'avance prise sur les dépenses variables, s'ils devenaient la norme chaque mois, feraient 1 584 euros par an de moins à placer. Le rapport entre ces petites dérives et une date d'indépendance financière est calculé dans notre article sur le « no buy ».

Et IgniFI dans tout ça

La page budget d'IgniFI affiche ce chiffre en haut du mois en cours, dans une carte « reste à dépenser » : la somme des objectifs fixés pour le mois, moins ce qui a été dépensé dans ces catégories, divisée par les jours restants, aujourd'hui compris. Seules les catégories qui ont un objectif comptent, un virement classé en épargne, vers un livret ou un PEA, n'est pas une dépense, et un remboursement réduit la catégorie où il tombe. Pour démarrer, l'application propose des objectifs tirés de la moyenne de vos trois derniers mois complets, arrondie à la dizaine supérieure.

Une précision honnête : la carte ne sépare pas les charges fixes des dépenses variables. Sur l'exemple de cet article, elle afficherait 18,33 euros par jour, l'abonnement de 15 euros prélevé le 20 compris. Laisser les dépenses irrégulières sans objectif mensuel suffit, en revanche, à les tenir hors du calcul.

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