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Élections de 2027 et fiscalité du capital : ce qui changerait pour quelqu'un qui vise l'indépendance financière

Flat tax à 31,4 %, amendements, programmes, taxe Zucman, impôt sur la fortune financière : ce qui est en vigueur, ce que les forces politiques ont réellement proposé, et ce que chaque scénario ferait à la cible et à la date FIRE d'un profil type, sur un CTO, un PEA et une assurance-vie.

·12 min de lecture
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À six mois de l'élection présidentielle, la fiscalité du capital revient dans chaque débat budgétaire. Pour quelqu'un qui épargne en vue de vivre un jour de son patrimoine, la question est concrète : si le taux change, combien d'années de travail en plus, ou en moins ?

Cet article ne fait aucun pronostic et ne prend parti pour personne. Il pose ce qui est en vigueur, ce qui a réellement été proposé, sous quelle forme et avec quel résultat, puis chiffre chaque scénario sur un même profil. Rien de ce qui suit n'est décidé : un programme n'est pas une loi, un amendement rejeté non plus, et une loi de finances demande une majorité à l'Assemblée, quel que soit le président élu.

Ce qui s'applique en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique, la « flat tax », est de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Ces derniers se décomposent en 10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité. La hausse vient de l'article 12 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), qui a relevé la CSG sur ces revenus de 9,2 % à 10,6 %. C'est aussi le taux qu'applique le moteur d'IgniFI depuis janvier.

Tout le capital n'est pas concerné. Restent à 17,2 % de prélèvements sociaux l'assurance-vie, le PEL, le CEL, le PEP, les revenus fonciers et les plus-values immobilières, d'après service-public.fr. Le PEA ne figure pas dans cette liste.

EnveloppeImpôt sur le revenu sur les gainsPrélèvements sociauxTotal sur les gains
Compte-titres (CTO), par défaut12,8 %18,6 %31,4 %
PEA de plus de 5 ansexonéré18,6 %18,6 %
Assurance-vie de plus de 8 ans, primes jusqu'à 150 000 €7,5 % au-delà de 4 600 € de gains par an (9 200 € pour un couple)17,2 %entre 17,2 % et 24,7 %
Livret A, LDDS, LEPexonéréaucun0 %

Sources : service-public.fr (prélèvements sociaux, mis à jour pour 2026) ; code général des impôts.

Deux précisions comptent pour la suite. L'impôt ne frappe que la part de gain de chaque retrait, pas le retrait entier. Et le PFU n'est qu'un taux par défaut : chaque année, un foyer peut opter pour le barème progressif sur l'ensemble de ses revenus de capitaux, ce qui change tout quand le revenu imposable est faible.

D'où vient le dernier changement

La hausse de 1,4 point est née d'un amendement du député socialiste Jérôme Guedj, adopté le 5 novembre 2025 par 168 voix contre 140, selon l'AFP reprise par France 24. La gauche et de nombreux députés Renaissance et MoDem ont voté pour ; Les Républicains, Horizons et le Rassemblement national, contre. Le gouvernement avait donné un avis « favorable mais particulièrement réservé », la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin déclarant : « Ce qui a été voté n'est pas une hausse de la fiscalité ». Dans sa version promulguée, la hausse ne s'applique ni à l'assurance-vie, ni à l'épargne logement, ni aux revenus immobiliers.

C'est un bon rappel de la façon dont la fiscalité du capital bouge en pratique : moins par les grandes promesses que par des amendements, au fil des budgets, souvent sur les prélèvements sociaux plutôt que sur l'impôt sur le revenu.

Ce qui a été proposé, et sous quelle forme

Le tableau ne retient que des textes déposés, des votes et des documents publiés par les partis eux-mêmes. Les déclarations de campagne, nombreuses, évolueront d'ici le printemps.

QuiMesureNature du texteOù en est-il
Nouveau Front populaire (LFI, PS, Écologistes, PCF)« Supprimer la flat tax et rétablir l'exit tax » ; rétablir un ISF « renforcé avec un volet climatique » ; impôt sur le revenu à 14 tranches ; CSG progressiveProgramme des législatives de juin 2024Non mis en œuvre
La France insoumisePart impôt sur le revenu du PFU portée de 12,8 % à 15,8 % sur les dividendes, soit 34,4 % au total ; présenté comme un repli, la suppression du PFU restant la préférence des auteursAmendement I-CF847 au projet de loi de finances pour 2027, déposé le 4 octobre 2026Rejeté en commission des finances le 7 octobre 2026
Parti socialisteHausse de la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %Amendement au budget de la Sécurité sociale pour 2026En vigueur depuis le 1er janvier 2026, hors assurance-vie et immobilier
Parti socialisteTaxe Zucman de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros ; CSG sur les très gros héritagesContre-budget 2027 présenté le 16 septembre 2026, sans valeur contraignantePas d'effet juridique
Rassemblement nationalRemplacer l'impôt sur la fortune immobilière par un impôt sur la fortune financière : seuil de 1,3 million d'euros, résidence principale et biens professionnels exclus (2023) ; taux de 1,5 % et immobilier retiré de l'assiette (2025)Amendements au budget 2024 et à la proposition de loi Zucman ; idée défendue par Marine Le Pen en septembre 2025Rejetés
Gauche, Assemblée nationaleImpôt plancher de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'eurosProposition de loi, puis amendement au budget 2026Adoptée à l'Assemblée le 20 février 2025, rejetée au Sénat le 12 juin 2025 ; amendement rejeté le 31 octobre 2025 par 228 voix contre 172
GouvernementAucune modification du taux du PFU annoncée ; régime fiscal de l'assurance-vie refusé aux contrats alimentés en titres ou adossés à un fonds dédié détenant des actifs du souscripteurProjet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre 2026En discussion

Sources en fin d'article. Sur le vote du 31 octobre 2025, les quatre groupes de gauche ont voté pour ; Ensemble pour la République, Les Démocrates, Horizons, Les Républicains et le Rassemblement national, contre (LCP).

Les documents consultés pour cet article ne contiennent pas de proposition chiffrée sur le taux du PFU de la part du Rassemblement national, des Républicains, de Renaissance, du MoDem ou d'Horizons. Leurs votes de 2025, rappelés plus haut, sont la seule indication publique et vérifiable retenue ici.

Le profil chiffré

Une personne seule, sans autre revenu, a 400 000 euros placés, dont 150 000 euros versés au fil des ans : 62,5 % de chaque retrait est donc un gain. Elle veut vivre avec 2 000 euros nets par mois, soit 24 000 euros par an. Sa cible FIRE est de 25 fois le retrait brut annuel nécessaire, ce qui correspond à la règle des 4 %. Jusqu'à l'atteindre, elle épargne 1 500 euros par mois, placés au rendement réel de 4 % par an.

Le calcul, une fois, sur un CTO au taux par défaut. Sur un retrait brut W, le gain vaut 0,625 × W et paie 31,4 %, soit un impôt de 19,6 % du retrait. Il faut W × (1 − 0,19625) = 24 000 euros, donc W = 29 860 euros, et une cible de 25 × 29 860 = 746 500 euros. La flat tax de 31,4 % devient un prélèvement de 19,6 % sur ce qui sort du compte.

ScénarioStatutCTOPEA de plus de 5 ansAssurance-vie de plus de 8 ans
Aucun impôt (repère)600 000 €600 000 €600 000 €
Règles de 2025 : PFU à 30 %, prélèvements à 17,2 %ancien droit738 500 €672 300 €699 300 €
2026, taux par défauten vigueur746 500 €678 900 €699 300 €
2026, option pour le barèmeen vigueur, sur option697 100 €non concerné674 300 €
Dividendes à 34,4 %amendement LFI, rejeté764 300 € (a)non concernénon concerné
Fin du PFU, gains au barèmeprogramme NFP de 2024697 100 € ; 861 800 € à 30 % (b)non visénon précisé
1,4 point de prélèvements sociaux en plus, toutes enveloppeshypothèse de calcul, pas une proposition754 700 €685 700 €706 600 €
Impôt sur la fortune financière, taxe Zucmanrejetésinchangéinchangéinchangé

Cible FIRE = 25 fois le retrait brut annuel qui laisse 24 000 € nets. Part de gain supposée constante à 62,5 %. Barème 2026 de l'impôt sur le revenu pour une part (0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % jusqu'à 29 579 €, 30 % au-delà), sans décote ni CSG déductible, qui réduiraient encore l'impôt. Chaque colonne applique un régime à tout le patrimoine : dans la réalité, un PEA plein reçoit l'épargne nouvelle sur un autre support. (a) Si tous les retraits sont des dividendes ; pour la vente de parts d'un fonds qui capitalise, l'amendement ne change rien. (b) Pour un foyer dont les gains tombent dans la tranche à 30 %, par exemple parce qu'il a d'autres revenus ; faute de barème publié pour les 14 tranches proposées, le barème actuel sert d'approximation. Calculs IgniFI.

Années pour passer de 400 000 € à la cible FIRE, selon le scénario

Profil du tableau : 2 000 € nets par mois visés, 62,5 % de gain dans chaque retrait, 1 500 € épargnés par mois, rendement réel de 4 %. Une barre absente signifie que l'enveloppe n'est pas concernée par le scénario. « Gains à 30 % + 18,6 % » vaut pour un foyer dont les plus-values tombent dans la tranche à 30 %. Calculs IgniFI, mois par mois.

Trois résultats ressortent, et ils ne sont pas tous intuitifs.

La hausse de 2026 a coûté deux mois. Pour ce profil, passer d'un PFU à 30 % à 31,4 % ajoute 8 000 euros à la cible sur un CTO et 6 700 euros sur un PEA. Deux mois d'épargne de plus. Pour comparer, 100 euros de dépenses mensuelles en plus ajoutent 30 000 euros à la même cible, comme le montre notre article sur le « no buy ».

Pour un revenu imposable modeste, le PFU n'est pas le taux qui compte. Une personne qui vit de 24 000 euros nets par an, sans autre revenu, déclare environ 17 400 euros de gains sur un CTO. Au barème, cela fait à peine 640 euros d'impôt sur le revenu avant décote, contre 2 230 euros au PFU sur les mêmes gains. L'option existe déjà, chaque année. C'est pour cette raison que la suppression du PFU, telle qu'écrite dans le programme de 2024, ne change rien pour ce profil, et qu'elle change beaucoup pour un foyer plus imposé : 861 800 euros de cible au lieu de 746 500, soit deux ans et quatre mois de plus.

Les impôts sur la fortune proposés ne touchent pas ce profil. Le seuil de 1,3 million d'euros de l'impôt sur la fortune financière proposé par le RN en 2023, et celui de 100 millions de la taxe Zucman, sont loin de 400 000 euros. Pour fixer un ordre de grandeur plus haut : au barème de l'IFI, que le RN propose de conserver selon Public Sénat, 1,5 million d'euros d'actifs financiers paieraient (1 300 000 − 800 000) × 0,5 % + (1 500 000 − 1 300 000) × 0,7 % = 3 900 euros par an, soit 0,26 % du capital.

Ce qui reste vrai, quel que soit le scénario

L'impôt porte sur la part de gain. Les taux affichés, 31,4 % ou 34,4 %, s'appliquent au gain, et le gain n'est qu'une partie du retrait. Plus on retire tôt après avoir versé, plus cette part est faible. Le raisonnement en taux effectif sur le retrait, 19,6 % ici, est celui qui compte pour une cible FIRE.

Les horloges des enveloppes partent de l'ouverture. Le PEA exonère d'impôt sur le revenu après cinq ans, l'assurance-vie offre son abattement de 4 600 euros et son taux de 7,5 % après huit ans. Ces durées courent à partir de la date d'ouverture, quel que soit le montant versé ce jour-là. Dans tous les scénarios chiffrés ici, cette ancienneté garde sa valeur.

Les enveloppes protègent de l'impôt sur le revenu, pas des prélèvements sociaux. C'est par les prélèvements sociaux que le dernier changement est passé, et le PEA y a été soumis comme le CTO. L'assurance-vie y a échappé en 2026 ; rien ne garantit qu'elle y échappe à chaque budget.

Plusieurs enveloppes, ce sont plusieurs options. Un patrimoine réparti entre un CTO, un PEA et une assurance-vie permet de choisir chaque année d'où viennent les retraits : l'abattement de l'assurance-vie d'abord, le barème quand le revenu est bas, le PEA quand ses gains sont exonérés. Aucun des textes recensés plus haut ne touche aux trois à la fois.

Le reste pèse plus lourd. Sur un CTO, l'écart entre le scénario le plus favorable et le plus défavorable du tableau, hors foyer imposé à 30 %, est d'un an et demi ; sur un PEA, de trois mois. Pour le même profil au taux par défaut, un rendement réel de 3 % au lieu de 4 % ajoute seize mois, et 200 euros de dépenses mensuelles en plus, pris sur l'épargne, en ajoutent vingt-six.

Le vote, chacun le fera pour ses raisons, et la fiscalité de l'épargne n'en est qu'une parmi d'autres. Cet article n'a pas d'avis sur ce qu'il faut voter.

Et IgniFI dans tout ça

Le plan de retrait d'IgniFI calcule l'impôt enveloppe par enveloppe aux taux de 2026 : 31,4 % sur un CTO, 18,6 % sur un PEA de plus de cinq ans, 17,2 % plus 7,5 % au-delà de l'abattement sur une assurance-vie de plus de huit ans, en n'imposant que la part de gain de chaque retrait. Ces taux sont déclarés à un seul endroit du code. Si une loi les change, la projection change avec elle, et l'écart sur votre propre date FIRE se lit directement.

Sources

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